LMNP : régime réel ou micro-BIC, comment choisir
Location meublée non professionnelle : micro-BIC forfaitaire ou régime réel avec amortissement ? Seuils, abattements, formulaires et démarches — le guide pour choisir le régime le plus avantageux.
Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) fait relever vos loyers des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non des revenus fonciers. Deux régimes d'imposition s'offrent alors à vous : le micro-BIC, forfaitaire et simple, et le régime réel, plus technique mais souvent bien plus avantageux grâce à l'amortissement. Ce guide vous aide à choisir.
Qu'est-ce que le statut LMNP ?
La location meublée non professionnelle désigne la mise en location d'un logement équipé du mobilier nécessaire à une occupation normale (literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, table, sièges…, liste fixée par le décret n° 2015-981). À la différence de la location nue, les loyers relèvent des BIC.
Le statut reste « non professionnel » tant que les recettes locatives meublées annuelles du foyer ne dépassent pas 23 000 € ou restent inférieures aux autres revenus d'activité du foyer. Si ces deux conditions sont franchies simultanément, vous basculez en loueur en meublé professionnel (LMP), soumis à un régime social et fiscal distinct.
Micro-BIC ou régime réel : le comparatif
Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire sur vos recettes ; le régime réel déduit vos charges réelles et surtout amortit le bien. Voici les principaux points de comparaison.
Micro-BIC : la simplicité forfaitaire
- Applicable si les recettes ne dépassent pas 77 700 € par an pour un meublé classique.
- Abattement forfaitaire de 50 % : vous êtes imposé sur la moitié de vos recettes, sans justificatif à fournir.
- Déclaration simplifiée : le montant brut des recettes est porté sur la 2042-C-PRO, l'abattement est appliqué automatiquement.
- Idéal si vous avez peu de charges et pas d'emprunt en cours.
Régime réel : l'amortissement en plus
- Applicable de plein droit au-delà de 77 700 € de recettes, ou sur option en dessous.
- Déduction des charges réelles (intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurance, gestion, travaux) et amortissement du bien et du mobilier.
- Le résultat imposable est souvent très faible, voire nul, pendant plusieurs années.
- En contrepartie, une comptabilité plus lourde : liasse fiscale 2031 et annexes, souvent avec un expert-comptable.
Attention : pour les meublés de tourisme non classés, le seuil du micro-BIC est abaissé à 15 000 € et l'abattement à 30 % depuis la loi du 19 novembre 2024.
L'amortissement : le principal atout du régime réel
Au régime réel, vous déduisez chaque année une fraction de la valeur du bien et de son mobilier : c'est l'amortissement, qui traduit comptablement l'usure du logement. Le bien est décomposé en composants amortis chacun sur leur durée d'usage :
- Le gros œuvre du bâtiment : amorti sur une longue durée, généralement 40 à 50 ans.
- Les composants (toiture, façade, installations techniques) : amortis séparément sur 15 à 25 ans.
- Le mobilier et l'électroménager : amortis sur 5 à 10 ans.
La valeur du terrain n'est jamais amortissable. Surtout, l'amortissement ne peut pas créer ni aggraver un déficit : la part qui excède le bénéfice est reportée sans limite de durée sur les résultats des années suivantes.
Comment déclarer, étape par étape
Le loueur en meublé exerce une activité relevant des BIC : il doit s'immatriculer, puis déclarer chaque année ses recettes en même temps que sa déclaration de revenus.
- Immatriculez votre activité sur le guichet unique des formalités des entreprises (INPI) dans les 15 jours suivant le début de la location : vous obtenez un numéro SIRET.
- Choisissez votre régime : micro-BIC par défaut sous les seuils, ou option pour le régime réel (engageant un an, reconductible tacitement).
- Remplissez le bon formulaire : recettes brutes sur la 2042-C-PRO au micro-BIC ; liasse 2031 et annexes puis report sur la 2042-C-PRO au régime réel.
- Conservez vos justificatifs (factures de mobilier, tableau d'amortissement, quittances) au moins trois ans.
Ce qui change à la revente
Depuis la loi de finances pour 2025, les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value immobilière lors de la revente (avec des exceptions, notamment pour certaines résidences services). L'avantage de l'amortissement est donc en partie récupéré à la sortie : il reste un différé d'imposition intéressant, mais à intégrer dans une stratégie de long terme.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre LMNP et LMP ?
Vous êtes loueur en meublé non professionnel (LMNP) tant que vos recettes locatives meublées annuelles ne dépassent pas 23 000 € ou restent inférieures aux autres revenus d'activité du foyer. Si ces deux conditions sont dépassées simultanément, vous devenez loueur en meublé professionnel (LMP), soumis aux cotisations sociales et à un régime de plus-values et de déficits différent.
Micro-BIC ou régime réel : lequel choisir ?
Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire de 50 % (meublé classique) : simple et avantageux si vos charges réelles sont faibles. Le régime réel permet de déduire les charges effectives et d'amortir le bien et le mobilier ; il aboutit souvent à un résultat imposable très faible, voire nul, mais suppose une comptabilité plus lourde. Il est généralement plus intéressant en cas d'achat récent, de crédit en cours ou de charges élevées.
Comment fonctionne l'amortissement en LMNP ?
Au régime réel, vous déduisez chaque année une fraction de la valeur du bien (hors terrain) et du mobilier, répartie sur leur durée d'usage : environ 25 à 50 ans pour l'immobilier selon les composants, 5 à 10 ans pour le mobilier. Cet amortissement réduit votre bénéfice imposable, mais ne peut pas créer de déficit : la part excédentaire se reporte sans limite de durée.
Quelles démarches pour se lancer en LMNP ?
Déclarez votre activité de loueur en meublé sur le guichet unique de l'INPI dans les 15 jours suivant le début de la location, pour obtenir un numéro SIRET. Choisissez ensuite votre régime (micro-BIC ou réel) et déclarez vos recettes chaque année sur la 2042-C-PRO, complétée par la liasse 2031 au régime réel.
L'amortissement est-il repris à la revente du bien ?
Oui, depuis la loi de finances pour 2025 : les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value immobilière lors de la revente (avec des exceptions, notamment pour certaines résidences services). L'avantage fiscal est donc en partie récupéré à la sortie, mais il reste un différé d'imposition utile à intégrer dans une stratégie de long terme.
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